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Repartir du foie et de l’intestin pour être en bonne santé

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Il pèse un kilo et demi chez les hommes, et un peu moins chez les femmes. Chaque jour, il assure plus de 5000 réactions biochimiques et régule l’ensemble du métabolisme corporel. Il contrôle les glucides, les lipides, les protéines, les minéraux et les vitamines. Il fournit constamment le glucose au cerveau et est la centrale qui élimine l’alcool du sang : de quoi parle-t-on ? Mais oui, du foie ! Saviez-vous que dans l’Antiquité, on attribuait à cet organe et son voisinage le siège du courage ? En effet, aujourd’hui, on dit d’une personne audacieuse et instinctive qu’elle « a des tripes ». Le foie et l’intestin sont deux organes liés dans leurs fonctions et leurs activités. Comment ? Découvrez-le dans cet article !

Le foie : coordinateur de notre bien-être

Nous avons toujours considéré le foie comme l’un de nos organes les plus essentiels, tant pour son rôle vital que pour sa dimension symbolique (tout comme le cœur, considéré comme le siège de l’amour et de la générosité). 

En examinant le foie, les Étrusques et les Romains faisaient des prophéties sur l’avenir. Aujourd’hui encore, une analyse diagnostique du foie peut révéler des informations précieuses sur l’état de santé et la longévité de son propriétaire ! 

Le foie est une glande vitale située dans la partie droite de l’abdomen, protégée sous les dernières côtes de la cage thoracique. Lorsque son volume augmente et dépasse la limite de l’arc costal droit, on parle d’hépatomégalie, une pathologie courante pouvant être causée par un abus d’alcool et une alimentation déséquilibrée et hypercalorique.

Il est composé d’environ 100 millions de lobules, des unités fonctionnelles cylindriques, longues de plusieurs millimètres et d’un diamètre de 1 à 2 mm. Le foie agit comme un énorme filtre du sang : ses cellules sont continuellement exposées au sang provenant d’une grosse veine, la veine porte. Cette dernière véhicule le sang depuis l’intestin, acheminant ainsi toutes les molécules issues de la digestion des aliments ingérés.

La glande hépatique produit quotidiennement 600 à 1000 ml de bile, qui est collectée et concentrée dans la vésicule biliaire avant d’être libérée dans l’intestin pour la digestion des lipides alimentaires. Pour ne pas se faire de bile, il est essentiel de redécouvrir l’importance de cette glande vitale et de prendre conscience du travail colossal qu’elle accomplit chaque jour pour réguler ce que nous mangeons ! 

 

couple marchant embrassé

En effet, après avoir été digérés et absorbés par les villosités intestinales, les aliments que nous consommons arrivent directement dans le foie. Le foie est le régulateur vital de la nutrition et de l’énergie de chaque cellule, un organe central dans la gestion du glucose dans le sang et dans tous les systèmes et appareils qui composent notre corps.

Le foie produit chaque nuit au moins 2,5 grammes de cholestérol : il est important de noter qu’une hyperglycémie stimule la production hépatique en excès du cholestérol et des triglycérides durant la phase nocturne.

 

Le cholestérol... se forme la nuit !

Chaque nuit, le foie synthétise du cholestérol, une molécule essentielle à la production des hormones et de la vitamine D. 

Il constitue également 20 % de la membrane de chacune de nos cellules.

On distingue deux sources de cholestérol :

  • Exogène, provenant des aliments
  • Endogène, produit par nos cellules
 

L’apport alimentaire en cholestérol devrait idéalement être limité à un maximum de 300 mg par jour. Le cholestérol est si essentiel que notre organisme en contient environ 150 grammes, le cerveau étant l’organe le plus riche en cette substance. Bien que chaque cellule puisse le synthétiser, sa production principale a lieu dans le foie et la peau, principalement durant la phase nocturne.

La bile libère chaque jour plus de 700 mg de cholestérol dans l’intestin, soit plus du double de l’apport exogène, tandis que chaque nuit, le foie, la peau et d’autres cellules produisent environ 2 grammes de cholestérol endogène.

La bile est composée de sels biliaires, obtenus précisément à partir du cholestérol. Ceux-ci sont déversés dans l’intestin pour faciliter la digestion et, une fois leur tâche accomplie, ils sont en partie réabsorbés tandis qu’une autre partie est éliminée avec les selles. Cette excrétion fécale est d’ailleurs la seule façon que le corps humain a pour éliminer le cholestérol.

Bien que chaque métabolisme soit unique, les valeurs de référence généralement acceptées pour la cholestérolémie totale se situent autour de 200 mg/dl (soit 2 g/L) dans le sang.

 

graphique de globules rouges dans une veine

Le rôle et la relation entre le foie et l’intestin dans notre organisme

Le foie exerce une action centrale dans la régulation de l’ensemble du métabolisme cellulaire. C’est un organe généreux, car il contrôle et fournit de l’énergie à toutes les cellules grâce à la libération de glucose et de lipoprotéines chargées de triglycérides. 

Le foie est l’un des organes les plus touchés par l’alimentation actuelle. Une alimentation déséquilibrée augmente le risque de développer une stéatose hépatique, également appelée maladie du foie gras. Déjà 40 % des adultes souffrent de cette pathologie, mais la donnée la plus préoccupante est sa prévalence élevée chez les enfants et les adolescents.

Un foie sain est un foie libéré de son accumulation de graisse. 70 % du sang qui arrive au foie provient de l’intestin et contient les molécules issues de la digestion. Il faut donc faire attention aux aliments trop riches en graisses, et aussi à ne pas abuser des glucides. 

En effet, l’excès de glucose provenant des glucides se transforme en glycogène, mais aussi en acides gras saturés dans le foie, qui peut en accumuler environ 70 à 80 grammes. Jour après jour, les graisses s’accumulent dans les hépatocytes et lorsque le foie atteint 2 kg, on parle de stéatose. 

Il est donc essentiel de contrôler les molécules alimentaires qui pénètrent dans notre organisme par l’intestin. Cet organe a la responsabilité de transformer des aliments (non-soi) en molécules vitales qui constituent notre corps (soi).

Le processus commence par la sélection des aliments que la main porte à la bouche : une fois dans l’intestin, ils sont digérés en molécules simples, absorbées dans l’intestin grêle où se trouvent les villosités intestinales. Celles-ci constituent les portes à travers lesquelles les molécules nutritives entrent dans le sang. 

L’intestin est la gare de départ de notre métabolisme, dont le foie est l’une des étapes les plus importantes. Le point d’arrivée ? Les cellules adipeuses, destination finale du parcours des aliments dans notre organisme.

Fibrose, cirrhose et diabète : les maladies du foie

Le foie peut être atteint de fibrose, voire de cirrhose, si le dépôt continu de triglycérides n’est pas interrompu. En cas de stéatose hépatique, la sensibilité des cellules à l’insuline diminue et le foie peine à réguler correctement le métabolisme de cette hormone.

L’accumulation de graisse dans le foie et l’accumulation de graisse abdominale et viscérale favorisent l’insulinorésistance, conduisant au diabète sucré de type 2, une véritable épidémie sous-estimée qui touche des personnes de plus en plus jeunes. 

La stéatose hépatique joue un rôle prépondérant dans l’apparition du diabète, que l’on peut donc qualifier de diabète hépatique.

couple cuisinant ensemble

Pour les personnes souffrant de stéatose hépatique, il est primordial de contrôler les valeurs de glycémie et d’insuline à jeun. Il peut être utile, sous contrôle médical, d’évaluer l’indice HOMA (indice d’insulinorésistance), qui peut être calculé à partir des valeurs des analyses sanguines de glycémie et d’insuline à jeun, à l’aide de cette simple formule mathématique :

 glycémie x insuline : 405

Si la valeur est supérieure à 3, on se trouve dans un état d’insulinorésistance. Si elle n’est pas corrigée, cela entraînera l’apparition d’un diabète hépatique. Ne jamais sous-estimer la stéatose hépatique !

Les aliments bons pour le foie et l’intestin : les prébiotiques

L’alimentation influence la composition des bactéries présentes dans l’intestin. Consommer des aliments riches en fibres alimentaires particulières, appelées prébiotiques, régule l’équilibre et le bien-être intestinal.

Les aliments prébiotiques stimulent sélectivement la croissance du microbiote intestinal, c’est-à-dire l’ensemble des populations bactériennes qui habitent le tractus intestinal et exercent d’importantes fonctions de régulation immunitaire, métabolique et digestive.

Les prébiotiques sont des molécules non digestibles, présentes dans les légumes frais de saison, les fruits et les céréales complètes. Des recherches scientifiques récentes ont démontré qu’une alimentation composée ou enrichie en prébiotiques est capable de moduler favorablement la composition de la flore intestinale, d’améliorer les pathologies hépatiques, de limiter l’accumulation des graisses corporelles et de rétablir un profil métabolique correct.

Les effets bénéfiques des prébiotiques sont exercés à travers deux mécanismes :

  • La régulation métabolique : améliore le contrôle de la glycémie et le métabolisme lipidique
  • La modulation sélective de la flore bactérienne : favorise le développement sélectif du microbiote permettant de réduire l’inflammation
 

Mais quel est le rapport avec le foie ? Il existe une interaction étroite entre le foie et le microbiote intestinal, cette énorme masse de bactéries intestinales. Les bactéries amies du foie et de l’intestin sont nourries par les fibres alimentaires hydrosolubles, capables de protéger l’équilibre et le bien-être intestinal, ainsi que la fonctionnalité du foie.

 

bol de salade accompagné de patates douces

Que manger pour purifier le foie et l’intestin ?

La thérapie alimentaire pour le bien-être du foie (et prévenir la stéatose) repose sur la modulation de l’expression génétique des hépatocytes (les cellules du foie) grâce aux acides gras insaturés oméga-3 naturels contenus dans :

  • poisson
  • céréales complètes
  • fruits secs
  • légumineuses (de préférence pois chiches et lentilles)
  • huile d’olive extra vierge
  • huile de lin crue extraite à froid
  • huile de krill
  • légumes frais
 

La règle d’or pour purifier le foie et l’intestin reste toujours de réduire les aliments à base produits céréaliers raffinés (farine blanche) et les aliments riches en acides gras saturés d’origine animale. De plus, pour régénérer le foie, il est important de consommer les boissons alcoolisées avec modération.

Voyons maintenant quels sont les aliments bons pour le foie et l’intestin à intégrer dans votre alimentation et comment les utiliser.

Graines de cumin

Grâce à leurs puissantes actions antioxydantes contre les radicaux libres et à leur capacité de stimuler les enzymes détoxifiantes du foie, les graines de cumin exercent un effet protecteur intestinal et systémique-corporel. Les graines de cumin sont une bonne source de fer et sont bénéfiques pour le système digestif.

Nous pouvons utiliser les graines de cumin pour préparer une excellente tisane favorisant l’hygiène et le bien-être intestinal. La préparation est simple : faire bouillir 8 g de graines de cumin, 8 g de graines de fenouil et 8 g de menthe poivrée dans de l’eau pendant deux minutes.

Tisanes purifiantes et digestives

À propos des tisanes pour détoxifier le foie et l’intestin : de nombreuses plantes sont utiles pour soutenir l’action purifiante et digestive du foie, alliant fonctionnalité et bon goût. Voici une recette au goût légèrement amer :

  • Menthe poivrée 30 %
  • Racine de réglisse 25 %
  • Sommités de fumeterre 15 %
  • Feuilles d’artichaut 10 %
  • Racine de pissenlit 10 %
  • Anis étoilé 10 %

Laitue

Elle possède une grande quantité d’eau, 95 % de son poids !

Avec un apport calorique très faible, elle contient une fibre alimentaire hydrosoluble qui dans l’intestin absorbe les sels biliaires produits par le foie, contribuant ainsi à réduire le cholestérol dans le sang et à réguler l’absorption du glucose sans provoquer de fortes hausses de la glycémie postprandiale.

Ceci limite la sécrétion d’insuline, l’hormone qui, si elle fait trop baisser la glycémie, entraîne une faim constante.

Aubergines

Reine incontestée du potager d’été et des aliments pour purifier le foie et l’intestin, l’aubergine est un véritable trésor à mettre à table. Grâce à sa richesse en eau et en potassium, elle est excellente pour lutter contre la rétention d’eau (et donc la cellulite). 

Elle possède des propriétés purifiantes et délicatement laxatives. Elle régule et stimule l’activité du foie, en augmentant la production et l’élimination de la bile.

Alimentation pesco-végétarienne

Les fibres solubles présentes dans les céréales complètes, les légumineuses et les légumes forment au contact de l’eau un gel qui protège les villosités de l’intestin grêle, tout en exerçant également une action prébiotique positive dans le côlon.

Les légumineuses peuvent également être consommées en purée pour une meilleure digestibilité. Il est recommandé d’inclure des légumes crus en début de repas, variés et frais, de saison et finement coupés pour favoriser la fonctionnalité de l’estomac. Il est préférable d’assaisonner avec du vinaigre à la place du sel. Vous pouvez enrichir le tout avec des fruits secs (noix, amandes, graines de courge, pistaches).

Privilégiez le poisson aux viandes rouges et blanches, choisissez des fromages frais à pâte molle et buvez de l’eau avant, pendant et après chaque repas (le thé vert ou une autre boisson chaude est idéal). Terminez chaque repas par une assiette chaude de légumes de saison cuits. Assaisonnez avec un filet d’huile d’olive extra vierge.

Au cours de la journée, vous pouvez boire des jus de fruits et légumes mélangés centrifugés entre les repas (en milieu de matinée, l’après-midi ou après le dîner).

Bière : le « pain liquide »

Comment trouver santé et bien-être dans la plus ancienne boisson fermentée au monde ? Depuis toujours appelée « pain liquide », la bière est à la fois un aliment et une boisson.

Les nutriments contenus dans ses ingrédients exercent des actions utiles pour l’intégrité et le fonctionnement des cellules humaines. La combinaison de ces différents nutriments, consommés ensemble, fait de la bière un véritable aliment.

L’équilibre entre une quantité raisonnable d’éthanol et d’autres nutriments est la caractéristique principale de la bière. En somme, il y a bien plus que l’éthanol !

Prenons deux types de bière en particulier :

  • Bière artisanale : elle peut être considérée comme un aliment prébiotique car elle contient de l’inuline, une fibre spéciale hydrosoluble issue de l’orge, et des fructo-oligosaccharides (FOS), des bêta-glucanes également dérivés de l’orge, aliment de base de la bière. Ces nutriments présents en solution dans la bière ne sont pas hydrolysés par les enzymes du tractus digestif et ne sont pas absorbés par la muqueuse gastro-intestinale, arrivant intacts dans le côlon. C’est ici qu’ils sont métabolisés par les Bifidobactéries, contribuant ainsi au développement et au maintien des micro-organismes endogènes bénéfiques (Bifidobactéries et Lactobacilles) en tant que source de carbone. Cette condition intestinale limite la présence et la croissance des bactéries pathogènes et nocives.
  • Bière crue : il s’agit d’une bière non pasteurisée, une bière vivante. On définit comme « crue » une bière qui contient donc des micro-organismes vivants et capables de produire une fermentation jusqu’à la consommation directe de la boisson. Les micro-organismes responsables de la fermentation du maltose – dérivé de l’orge – sont encore présents et actifs dans la boisson et peuvent ainsi être introduits dans l’organisme pour exercer des actions bénéfiques qui favorisent l’intégrité et la fonctionnalité de l’intestin, en plus d’apporter des vitamines hydrosolubles du complexe B (en particulier la vitamine B12 et l’acide folique).Les bières crues sont également pour la plupart des bières artisanales, avec une durée de conservation assez courte.
 

Compte tenu des qualités exceptionnelles de cette boisson-aliment, consommons-la … mais toujours avec modération, en raison de sa teneur en alcool.

 

Astuce bonus

Ne jamais saler pendant la friture !

L’ajout de sel pendant la friture déclenche une série de processus chimiques toxiques. Des substances nocives telles que l’acroléine (nocifs pour le foie et les muqueuses intestinales) peuvent être générées, et le sel ajouté ne fait qu’accélérer ces réactions, agissant comme un catalyseur.

Enfin, une astuce élémentaire pour ne pas succomber à la tentation : évitez d’exposer la salière bien en vue sur la table.

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